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Argenson (René‑Louis de Voyer, marquis d’)

 

René-Louis de Voyer, marquis d’Argenson, Notices sur les œuvres de théâtre (1740-1760) publiées pour la première fois par H. Lagrave, Genève, Studies on Voltaire, 1966.


« Théâtre français, IIIe partie, (ms 3451), Tragédies dans mes livres autres qu’à l’article théâtre »
, p. 350 :


[f.121] MANLIUS, tragi-comédie, vers, 5 actes, par Me de Villedieu, repr. pour Ire fois le… 1662.

C’est une des plus mauvaises pièces qu’on puisse lire, car, pour représenter, il n’en sera jamais question. Tout ce qu’il y a de supportable se réduit à quelques vers assez aisez, mais beaucoup en sont blasmables par des répétitions, comme d’admirer toujours l’avilissement d’un consul qui aime, dire que, quoyque consul, on n’en est pas moins homme – pensée prise du Tartuffe, - idée fausse du consulat, qui d’ailleurs n’étoit qu’annuelle…. Mais Me de Villedieu, si sçavante en amour, le traitte icy avec obscurité ou avec une vénération ridicule et une tristesse dégoûtante ; elle parloit toujours de la dureté et de la tyrannie de l’amour comme le triste Pâschal a parlé de l’homme. Elle se soucioit peu de la vérité de l’histoire, elle fait pardonner à Manlius avec la même hardiesse dont elle a fait tüer Scanderberg encore jeune dans le serrail. Avec son intrigue amoureuse, elle fait d’un célèbre Romain un père rival, tyrannique, cruel à l’excez, et qui ne pardonne que par la crainte d’une seconde révolte. Tous ces sentimens-là sont de la plus mauvaise grâce du monde. Je demanderois encore pourquoy on a intitulé cette tragédie tragi-comédie : il n’y a pas le moindre comique, mais c’est là un des moindres deffauts. On pourroit y ajouter la mauvaise humeur de Manlius, qui refuse brutalement les offres tout à fait obligeantes de Camille, la longueur de l’action depuis le 2e acte, l’incertitude de Torquatus, qui ne se détermine jamais par vertu ny par raison.


« Théâtre français, IIIe partie, (ms 3451), Comédies françoises que j’ay en brochures », p. 408 :

[f.374] LE FAVORY, trag. com., vers, 5 actes, par Me de Villedieu, repr. pour Ire fois 1665.

Sujet véritablement beau ; justice, vertu et générosité partout, contraste de personnages loüables avec les gens de la cour, qui ne cherchent que la faveur et qui accablent les disgraciés. L’on ne peut dire cependant que les faux courtisans représentez icy étoient bien peu déliez en croyant véritable une disgrâce si peu causée que celle qu’on feint icy, et connoissant leur Roy comme ils devoient le connoistre. Les vers sont foibles, avec bien des négligences et des répétitions. En tout Mad. De Villedieu se montre entendre mieux le roman que la théâtre. Cette pièce mériteroit d’êstre refaitte par un meilleur versificateur, et plairoit fort à notre théâtre. Il y a apparence qu’elle fut occasionnée par la disgrâce de M. Fouquet, homme fort aimable.




 


mise à jour le 31 octobre 2016


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