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Les Nouvelles affriquaines (1673) : Avis au Lecteur

 


Nouvelles affriquaines, Paris, Barbin, 1673 :
 

AVIS AU LECTEUR.


Cette histoire semble n'avoir pas besoin d'un grand éclaircissement; il suffit de dire qu'elle est vraie pour répondre aux objections qu'on pourrait faire, et quand un auteur ne fait que rapporter fidèlement une vérité il ne se charge ni de l'embellir ni de la diminuer. Mehemet Lapsi est encore vivant, il n'a pas encore trente-cinq ans. Il y a dans Paris plus de dix de ses lettres originales assez bien écrites en notre langue ; et l'action qu'il fit en renvoyant au roi les deux chevaliers de Malte qui avaient été faits prisonniers est connue de tous les gens de qualité. Mais je m'assure qu'on cherchera notre Albirond et notre Uranie ; et j'ai cru devoir prier les lecteurs de les laisser sous le déguisement où je les expose. Qu'importe qu'ils soient Monsieur Un Tel ou Mademoiselle Une Telle : ils sont réellement des personnes de notre siècle. Il doit être permis aux gens qui écrivent de taire ce qu'ils jugent à propos de cacher, et afin qu'on ait quelque respect pour mes intentions, je déclare que si l'on m'arrache mon secret, il sera le seul que je mettrai en danger de m'être arraché ; au lieu que, si on me laisse dans la liberté que je demande, je prépare au public diverses histoires que je tacherai de bien choisir, et qui seront toutes aussi véritables que celle-ci.

[...]

Il n'est pas nécessaire de faire une préface pour persuader le public que ces nouvelles sont autant de vérités. Mehemet Lapsi est encore vivant, et même assez jeune. Il n'aborde aucun Français sur la côte de Barbarie qui ne reçoive des marques de la bienveillance qu'il conserve pour notre nation. Il en parle assez bien la langue ; j'ai vu de ses lettres originales qui feraient honte à certains Français, et pour peu qu'on rafraîchisse sa mémoire de ses dernières histoires de notre temps, il ne sera pas difficile de deviner qui est la belle Morte qui fut ressuscitée en Afrique. Mon dessein n'est pas de la faire mieux connaître, c'est pourquoi je finirai brusquement.

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mise à jour le 5 janvier 2014


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