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Madame de Villedieu (IHRIM - UMR 5317) Portails : www - étudiants - personnels Madame de Villedieu (IHRIM - UMR 5317)

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Titon du Tillet (Evrard)

 


Le Parnasse françois... par M. Titon Du Tillet,... - Remarques sur la poésie et la musique et sur l'excellence de ces deux beaux arts, avec des observations particulières sur la poésie et la musique françoise et sur nos spectacles, Paris, J.-B. Coignard fils, 1732, p. 366-367 :


CXXVII
MADAME DE VILLEDIEU

 

(Marie-Catherine-Hortense des Jardins de) née en 1632. à Alençon, dont son père était prévôt, morte au mois d'Octobre 1683. Âgée de cinquante-un ans, (de l'Académie des Ricovrati de Padouë.)

Mademoiselle des Jardins vint à Paris, où elle épousa en première noce Boësset, sieur de Villedieu, Capitaine au Régiment Dauphin Infanterie, fils de Boësset, maître de la Musique de la Chambre du Roi. Elle se sépara volontairement de ce premier mari, ou plutôt consentit que le mariage fût déclaré nul : car elle prit une seconde alliance avec M. de Chatte, homme de condition, après la mort duquel elle se remaria en troisième noce avec un de ses cousins, appelé des Jardins. Ses trois mariages, et le temps qu'elle passa dans un couvent, où même elle prit le Voile, et dont elle sortit ensuite, fourniraient de matière à faire une histoire assez intéressante et très agréable de cette dame, qui eut diverses aventures à la Cour et à Paris, où elle était connue des personnes de la première distinction et du Roi même, dont elle obtint plusieurs grâces qu'elle ne sut point mettre à profit, n'ayant jamais pu mettre aucun ordre dans ses affaires, et étant morte très mal-aisée à Clinche-maure, village à quatre lieues d'Alençon, où elle avait un petit bien, et où elle s'était retirée.

On se contentera de dire ici que le nom de Villedieu lui fut le plus agréable de ceux de ses trois maris, et que du vivant de ses deux derniers elle n'était pas fâchée qu'on l'appelât de ce nom : il arriva même qu'après la mort de Villedieu, étant mariée avec M. de Chatte, elle ne laissa pas d'en porter le deuil. Elle a mis aussi la plus grande partie de ses ouvrages sous ce même nom, et les deux dernières éditions complètes de ses œuvres portent le titre d'œuvres de Madame de Villedieu : Barbin les a recueillies en dix volumes in-12. à Paris, depuis l'année 1702 jusqu'en 1711. et depuis la Compagnie des Librairies en douze volumes in-12. Paris 1715. 1720. et 1721. ces volumes ayant été imprimés en différentes années : ils contiennent un grand nombre d'ouvrages ; voici ceux qu'elle a composés en Vers : Manlius, Tragédie ; Nitetis, Tragédie ; le Favori, Tragi-comédie ; quelques Sonnets, Élégies, Églogues, Stances, Madrigaux ; quelques Pièces mêlées de Vers et de Prose.

Je ne rapporterai ici que les principaux ouvrages en Prose, tels ceux intitulés, les désordres de l'Amour ; les Annales galantes ; les Exilez ; les Amours des grands Hommes ; les Favorites ; et plusieurs petits Romans et quelques Historiettes.

Madame de Villedieu pense d'une manière tout à fait noble, les sentiments sont vifs et tendres, et son style élégant. On disait qu'elle s'était servie d'une des plumes des ailes de l'Amour pour écrire la plus grande partie de ses ouvrages, où l'on voit qu'elle connaissait bien la puissance de ce Dieu. Un de nos plus beaux Esprits donne encore une belle idée du caractère d'esprit de cette Dame et de sa manière charmante d'écrire par ces Vers à sa louange.

Plus je relis ce que vous faites,
Plus je connais ce que vous êtes,
Il ne faut que vous mettre en train,
Tout le monde, Iris, vous admire ;
Si les Dieux se mêlaient d'écrire,
Ils emprunteraient votre main.
Vous faites des choses si belles,
Si justes et si naturelles,
Que votre style est sans égal ;
Sans cesse je vous étudie ;
Qui peut être votre copie,
Passe pour un original. [1]

V. Barbin, Recueil de Poésies choisies, tome 4.


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[1] Frédéric Lachèvre attribue ce madrigal au poète Saint-Pavin (Disciples et successeurs de Théophile, Paris, Champion, 1911, p. 418).

 


mise à jour le 18 septembre 2015


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